Par Mme Keuyo Fosso Epiphanie · CSPPE
« Ce n’est rien, ça va passer. » « Il faut juste se secouer. » « D’autres vivent pire. »
Ces phrases, la plupart des personnes qui traversent une dépression se les sont dites à elles-mêmes bien avant que quelqu’un d’autre ne les prononce. Et c’est précisément ce qui rend la dépression si difficile à reconnaître : elle se déguise en défaut de caractère.
Être triste après une perte, un échec ou une séparation est une réaction normale et saine. La tristesse évolue, se creuse, s’apaise, revient par vagues, puis s’atténue. Elle laisse encore passer des moments de plaisir.
La dépression est autre chose. C’est un trouble de santé qui modifie durablement le fonctionnement de la personne : son humeur, son sommeil, son appétit, sa concentration, son énergie, son rapport à elle-même. Elle ne se dissipe pas parce qu’on a « décidé de positiver ».
Il ne s’agit pas d’une liste à cocher. Ce sont des expériences que rapportent fréquemment les personnes que nous recevons :
Un point important dans notre contexte : au Cameroun, la dépression s’exprime très souvent d’abord par le corps. Une personne consultera pour des maux de tête persistants, une fatigue chronique ou des douleurs abdominales, et fera plusieurs examens médicaux sans qu’aucune cause organique ne soit retrouvée. Ce n’est pas de la simulation. C’est une forme d’expression de la souffrance psychique, fréquente et parfaitement reconnue.
Trois repères simples :
Sur ce troisième point, il n’y a pas d’attente. Si de telles pensées sont présentes, parlez-en aujourd’hui à un professionnel, ou appelez les numéros indiqués en bas de cet article. Ces pensées sont un signe de souffrance intense, pas un signe de faiblesse — et elles se soignent.
C’est le message essentiel de cet article. La dépression est l’un des troubles de santé mentale les mieux compris et les mieux pris en charge.
Selon la situation, l’accompagnement peut associer un suivi psychologique, un traitement médicamenteux lorsqu’il est indiqué, un travail avec l’entourage, et des ajustements concrets du quotidien. Le rétablissement demande du temps — il n’est pas linéaire, il comporte des rechutes — mais il est la règle, pas l’exception.
Quelques repères qui aident réellement :
Nous recevons régulièrement des personnes qui disent, à la fin du premier rendez-vous : « j’aurais dû venir bien plus tôt ». La première consultation sert simplement à faire le point, avec quelqu’un dont c’est le métier d’écouter. Elle n’engage à rien. Voir aussi : psychologue ou psychiatre, lequel consulter ?
Cet article est informatif. Il ne remplace pas une consultation et ne permet pas de poser un diagnostic.
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