Par Mme Keuyo Fosso Epiphanie · CSPPE
L’épilepsie est l’une des affections neurologiques les plus fréquentes au monde. Elle est aussi l’une des plus mal comprises — et, dans notre contexte, l’une des plus lourdement stigmatisées.
Commençons par le plus important, parce que ces croyances persistent et qu’elles causent des dégâts réels :
Le cerveau fonctionne grâce à des signaux électriques. Lors d’une crise d’épilepsie, un groupe de cellules nerveuses émet brutalement une décharge anormale et synchronisée. Selon la région du cerveau concernée, la crise prend des formes très différentes.
La crise tonico-clonique est la plus connue : perte de connaissance, chute, raidissement du corps puis secousses des membres. Elle dure généralement une à trois minutes, et laisse ensuite la personne confuse et épuisée.
Les absences sont beaucoup plus discrètes : la personne s’interrompt quelques secondes, le regard fixe, puis reprend son activité sans avoir conscience de la coupure. Chez l’enfant, ces absences sont très souvent confondues avec de la distraction ou de la paresse à l’école. Un enfant décrit comme « rêveur » ou « inattentif » mérite qu’on y regarde de plus près.
Les bons gestes :
Ce qu’il ne faut jamais faire :
Appelez les secours (SAMU 119) ou conduisez la personne à l’hôpital sans attendre si :
Une prise en charge régulière repose sur trois piliers : un traitement pris avec régularité, un suivi médical dans la durée, et l’identification des facteurs qui favorisent les crises (manque de sommeil, oubli de traitement, alcool, fièvre, stress important).
L’interruption du traitement est la première cause de reprise des crises. Beaucoup de personnes arrêtent dès que les crises cessent, en pensant être guéries. Toute modification doit se décider avec le professionnel qui vous suit — jamais seule.
Il existe aussi une dimension psychologique que l’on néglige trop souvent. Vivre avec l’épilepsie, c’est vivre avec l’imprévisibilité, et souvent avec le regard des autres. L’anxiété et les épisodes dépressifs sont plus fréquents chez les personnes concernées. Cela mérite d’être écouté et pris en charge, au même titre que les crises.
Le centre accompagne les personnes vivant avec l’épilepsie et leurs familles : évaluation clinique, suivi thérapeutique, éducation du patient et des proches, conseils pour la gestion des crises et accompagnement psychosocial.
Nous formons aussi les familles aux bons gestes. C’est souvent ce qui change le plus la vie quotidienne : quand l’entourage sait quoi faire, la peur recule — pour tout le monde.
Cet article est informatif. Il ne remplace pas une consultation et ne permet pas de poser un diagnostic.
Une première crise doit toujours être évaluée médicalement. Prendre rendez-vous · +237 674 00 39 87
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